Des hélicoptères pour réchauffer nos vignes

Avec un climat en perpétuel changement, les gelées de printemps, et les récoltes perdues les années passées, les vignerons cherchent de nouvelles solutions pour limiter les dégâts chaque année. Ainsi, pour la première fois, les vignerons de Montlouis sur Loire ont utilisé une nouvelle méthode : le réchauffement des vignes grâce aux hélicoptères.

Mercredi 19 et jeudi 20, les 40 vignerons du secteur, avec l’appui du syndicat des vins de Montlouis, ont pris la décision de déployer ce dispositif. Finalement, le mercredi, les températures ont été moins catastrophiques que prévues, l’opération a donc eu lieu le jeudi seulement. C’est donc 8 hélicoptères qui ont décollé très tôt le matin et survoler les vignes, à 15-20 mètres d’altitudes au-dessus, pour pouvoir réchauffer les sols et préserver les vignes. C’est le seul endroit à tester cette technique de protection. L’essai aurait été concluant. Le principe consiste à ramener une couche d’air chaud pour vaincre la couche d’air froid qui se trouve au sol, grâce aux pales des hélicoptères. Cela peut augmenter la température de 1 à 4 degré. Cette opération se fait avant le lever du soleil pour que ce dernier puisse réchauffer les bourgeons par la suite.

En plus d’être bruyante, cette méthode a évidemment un cout important : 200€ l’hectare. La protection des hectares de Montlouis a donc représenté un investissement de près de 60 000 euros la matinée. Cependant, cet investissement serait moindre comparé aux pertes que ces températures négatives peuvent engendrés pour les vignerons. Non seulement cela entraine des pertes mais menace en parallèle les emplois. Cette opération sera renouvelée en fonction des prévisions météorologiques.

Cette méthode était déjà utilisée au Quebec en 2015. Très critiquée en Indre-Et-Loire par rapport à la pollution, il existe d’autres méthodes substituables mais qui ont également des inconvénients.

  • l’aspersion d’eau : cette technique consiste à arroser la vigne de fine gouttes sans interruption pendant la période critique, à l’aide d’asperseurs disposés tous les 15 à 20 m, afin de fabriquer une « protection » sur les bourgeons et éviter que la température descende en dessous de 0°C. Cette méthode est certes non polluante mais sur-consommatrice en eau. Le pays du Chinonais et St Nicolas de Bourgueil sont friands de cette méthode.
  • le « buttage » ou « chaussage des vignes » : cela consiste à couvrir de terre les ceps de vigne. Cette pratique est courante dans les vignobles canadiens (Ontario, Québec), en Europe centrale, en Chine…
  • les bougies : leur but est de réchauffer l’air jusqu’à -4 à -5°C, et de limiter la perte de chaleur du sol par la formation de fumée. Cependant, ces outils sont polluants et nécessitent une main d’œuvre pour la mise en place et l’allumage. Elles sont donc réservées aux petites surfaces.